Lundi 28 mai 2007
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La diversité du territoire et le rôle de ses acteurs sont complexes. De plus en plus d’agriculteurs se lancent dans des activités touristiques en parallèle de leurs exploitations. L’agritourisme est perçu comme une forme d’adaptation, d’innovation, de multifonctionnalité de l’agriculture face à l’évolution de la demande, mais aussi un moyen de dynamiser le secteur. Afin de faire l’inventaire de cette diversité et d’évaluer son importance, le ministère en charge de l’Agriculture s’est tourné vers le Cemagref.
L’agritourisme est vu comme une activité en croissance. Les chambres d’agriculture avec leur réseau «Bienvenue à la ferme» encouragent et soutiennent les initiatives. Au départ activité de cueillette et de conjoncture, elle se développe, se professionnalise, voire même prend le pas sur l’exploitation. En revanche, ces initiatives très diverses ne concernent qu’une petite partie des agriculteurs, moins de 3 % du total des exploitations agricoles, et leur poids dans les revenus reste très variable. C’est pour tenter de faire une typologie de ces fermes touristiques que Jacques Perret et Emmanuelle Marcelpoil du Cemagref à Grenoble ont enquêté dans toute la France, sous l’égide du ministère en charge de l’Agriculture.
Une enquête nationale
La première phase de la recherche a consisté à élaborer une typologie statistique à base cantonale, en mobilisant les données issues du recensement général de l’agriculture. Trois types de critères ont été mobilisés. Tout d’abord, la structure agricole a été détaillée, avec la taille des exploitations, leur type de culture ou d’élevage. Ensuite, un critère touristique a permis de décrire la capacité d’accueil, les activités proposées. Le troisième critère a concerné la dynamique globale du territoire, au travers des évolutions démographiques et de l’expansion des activités non agricoles. Sur la base de ces critères, une typologie en huit niveaux a été décrite, depuis le canton rural jusqu’au canton périurbain. Les chercheurs ont ainsi obtenu une vision générale de l’agritourisme sur l’ensemble du pays. Par la suite, ils ont sélectionné des cantons dans chacun des types identifiés précédemment, soit une vingtaine au total, et sont allés à la rencontre de personnes ressources pour mener une enquête qualitative plus poussée. Ils ont ainsi précisé qui est à l’origine de cette activité au sein de l’exploitation, les conditions de création et d’expansion de l’agritourisme, avec notamment les réseaux de conseil et de financement. Se fondant sur ces enquêtes semi-directives, quatre grands types de territoires ont été déterminés : les territoires ruraux, les territoires à agritourisme émergeant, les territoires agritouristiques, les territoires touristiques. La première catégorie est constituée des cantons avec peu d’agritourisme, la dernière concerne quant à elle des lieux où les exploitants font plus de tourisme que d’agriculture.
L'agritourisme n'est pas la Panacée
Si le nombre d’exploitations pratiquant l’agritourisme a augmenté de 13 % entre 1988 et 2000, il reste encore marginal. Certains exploitants se lancent dans cette activité pour augmenter leurs revenus, mais pour beaucoup, c’est un choix, que ce soit une logique commerciale ou l’envie de partager son patrimoine, son savoir-faire. C’est également souvent un projet de couple, voire même de famille. L’agritourisme met également en avant un autre métier. Il faut avoir le goût de l’accueil, gérer son emploi du temps et parvenir à concilier vies professionnelle et domestique. Par l’intermédiaire d’associations, d’organismes publics ou de réseaux, les exploitants peuvent se former. Les blocages financiers peuvent aussi ralentir la mise en place, d’autant plus qu’il est parfois difficile de trouver le bon interlocuteur. Quoi qu’il en soit, l’agritourisme ne doit pas être considéré comme une filière, mais plutôt comme des prestations qui s’insèrent dans des contextes territoriaux particuliers. Les possibilités d’expansion, au-delà du parcours personnel des exploitants, vont dépendre de l’histoire, la tradition ou la fréquentation de la région avant tout. Cette étude questionne l’évolution du tourisme à la ferme et met en avant la nécessité d’un suivi régulier pour mettre en place des politiques publiques adaptées. Et c’est dans cette même lignée que l’équipe de recherche, en partenariat avec l’Institut de géographie alpine, mène actuellement une étude pour le Parc naturel régional de Chartreuse. L’objectif est de réaliser un diagnostic des activités en milieu rural en moyenne montagne. Le champ d’étude est plus vaste, balayant cette fois tourisme, agritourisme, artisanat ou encore télétravail. Sur le plan opérationnel, le Parc souhaite développer et même créer de nouvelles activités afin de relancer l’économie locale.
Source:
CEMAGREF, La recherche pour l'ingenierie de l'agriculture et de l'environnement - Valorisation du territoire et agritourisme (en ligne), http://www.cemagref.fr/, page consultée le 21 mai 2007